Analyse par pays
L'Argentine a fait figure de pionnière de la facturation électronique régionale, passant du volontaire (2003) à l'obligatoire pour les assujettis inscrits à la TVA (RG 3749/2015), puis à un système pratiquement universel à partir du 1er avril 2019 (RG 4290/2018). Plutôt que de se stabiliser, le système continue d'évoluer : le changement de nom d'AFIP à ARCA en 2024, le détail TVA/taux de change et les déclarations pré-remplies de 2025, et une nouvelle extension sectorielle en vigueur depuis le 1er juillet 2026 (RG 5824/2026).
La Résolution générale 3749/2015 de l'AFIP a rendu la facturation électronique obligatoire pour les assujettis inscrits à la TVA et pour les sujets exonérés, en s'appuyant sur le système volontaire en vigueur en Argentine depuis 2003. Chaque facture est transmise à l'AFIP (aujourd'hui ARCA) pour validation en temps réel et reçoit un CAE (Código de Autorización Electrónico) avant de pouvoir être remise à l'acheteur -- un modèle de clearance, et non un reporting a posteriori.
La RG 4290/2018 a achevé la mise en œuvre entamée le 1er janvier 2019 avec les sujets exonérés de TVA : à partir du 1er avril 2019, chaque monotributista (le régime simplifié argentin pour les petits contribuables) a dû remplacer la facturation papier par une facture électronique ou un contrôleur fiscal -- y compris pour les ventes aux consommateurs finaux, avec une facturation par application mobile obligatoire pour les opérations réalisées chez le client. C'est le moment où la facturation électronique est devenue de fait universelle pour l'ensemble des contribuables argentins, seules les catégories les plus modestes du monotributo social conservant l'option manuelle.
La RG 5616/2024 (Journal officiel du 18 décembre 2024) a mis à jour les spécifications techniques de l'ARCA pour la facturation électronique : à partir du 15 avril 2025, les émetteurs doivent utiliser les services web actualisés, le portail 'Comprobantes en Línea' et l'application mobile dans leur version révisée, et les factures doivent détailler la TVA par taux et indiquer le taux de change utilisé en devise étrangère. Il s'agit d'une mise à jour de format et d'information au sein du même modèle de clearance par CAE, non d'un changement du périmètre de l'obligation -- le même traitement que ce site applique au VeriFactu espagnol.
La RG 5824/2026 (Journal officiel du 13 février 2026) a élargi les catégories de contribuables tenus d'émettre des factures électroniques -- incluant, entre autres, les établissements financiers, les assureurs, les gestionnaires de cartes de crédit, les organismes de santé prépayée et les établissements d'enseignement -- et a introduit la 'liquidación electrónica mensual', permettant aux émetteurs à fort volume de ces secteurs de regrouper les opérations d'un client en une seule facture électronique mensuelle plutôt que d'en émettre une par transaction. Un nouveau seuil de 10 000 000 ARS impose également l'identification du consommateur final pour les ventes de montant plus élevé, comblant ainsi la faille des factures anonymes pour les transactions à forte valeur. En vigueur pour les opérations réalisées à compter du 1er juillet 2026.
L'Argentine utilise son propre schéma XML national plutôt que l'UBL ou l'EN 16931 -- chaque facture est autorisée en temps réel et reçoit un CAE (Código de Autorización Electrónico) avant de pouvoir parvenir à l'acheteur, avec un code QR obligatoire sur toute copie imprimée ou en PDF depuis 2021.
L'Argentine a conçu son propre format bien avant l'existence de l'EN 16931, si bien qu'une facture nationale ne ressemble en rien à un document UBL européen -- les exportateurs traitant avec des acheteurs de l'UE doivent gérer les deux univers séparément.
Le changement de nom d'AFIP à ARCA en 2024 était organisationnel, non technique -- le CUIT, le processus de CAE et les services web sous-jacents sont restés inchangés.
L'exigence de détail de 2025 constitue une lacune réelle et actuelle pour les intégrations plus anciennes qui déclarent encore un total de TVA unique plutôt qu'une ventilation par taux.
La couverture est aussi large que tout ce que ce site a pu observer : le B2B, le B2G, le B2C et les exportations sont tous concernés, pour chaque assujetti inscrit à la TVA, chaque monotributista et, à partir du 1er juillet 2026, des secteurs supplémentaires incluant les établissements financiers, les assureurs, les gestionnaires de cartes de crédit, la santé prépayée et les établissements d'enseignement. Les entités étrangères enregistrées en Argentine sont soumises aux mêmes obligations que les contribuables nationaux.
Il s'agit d'un véritable modèle de clearance, non d'un reporting a posteriori -- la facture n'existe légalement comme document fiscal qu'une fois déjà approuvée par l'ARCA.
Dès 2019, il ne restait, dans les faits, plus aucune catégorie de contribuable argentin émettant des factures papier -- l'extension sectorielle de 2026 ajoute des types d'entités spécifiques que les vagues précédentes n'avaient pas explicitement nommés, plutôt que d'ouvrir une lacune véritablement nouvelle.
Peu de mandats aussi mûrs continuent de recevoir de véritables mises à jour datées à ce rythme -- il convient de considérer l'Argentine comme un système à surveiller en continu, non comme une case cochée une fois pour toutes.
Le mandat étant déjà universel, l'essentiel du travail réel pour une entreprise déjà présente en Argentine consiste à rester à jour face aux fréquentes mises à jour techniques de l'ARCA -- plutôt qu'à déterminer si le mandat s'applique, ce qui est presque certainement le cas.
Une facture sans CAE valide n'a aucune validité fiscale -- c'est le contrôle le plus important pour toute entreprise facturant déjà en Argentine.
Elle est obligatoire depuis le 1er avril 2019, sans option papier restante pour les catégories standard.
Les factures doivent détailler la TVA par taux et indiquer le taux de change utilisé pour les opérations en devise étrangère -- une lacune réelle pour les intégrations encore sur l'ancien schéma.
La RG 5824/2026 a explicitement inclus ces secteurs, avec un nouveau seuil de 10 000 000 ARS pour l'identification du consommateur.
La 'liquidación electrónica mensual' introduite par la RG 5824/2026 permet aux émetteurs éligibles de regrouper les opérations d'un client en une seule facture mensuelle plutôt qu'une par opération.
L'Argentine assortit son obligation de facturation électronique d'un véritable mécanisme d'exécution : la fermeture temporaire de l'établissement en cas de défaut d'émission d'une facture conforme, et le rejet du crédit de TVA de l'acheteur si la facture qu'il détient ne comporte pas de CAE valide.
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